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Un centenaire toujours vert |
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Dieppe, l'un des rares golf de France implantés sur une falaise
© Sophie Lloyd |
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Du haut des falaises séparant Dieppe de Pourville, charmant petit port de pêche situé 3 km plus à l’est, plus d’un siècle nous contemple.
Un siècle d’une histoire golfique mouvementée commencée en 1894 par les récriminations d’une poignée de résidents anglais installés sur la Côte d’Albâtre.
Les ressortissants de Sa Très Gracieuse Majesté se plaignaient alors auprès de leur consul de devoir aller à Dinard, voire à Pau, à Biarritz ou à Cannes, pour pratiquer leur jeu favori.
Ainsi naquit en 1897 le premier parcours de Normandie et le septième de l’Hexagone, conçu par Willie Park Jr, "golf-architect" des grands parcours d’outre-Manche.
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Un parcours valloné très vert et toujours venté
© Sophie Lloyd
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Du "champ de golf" pour pratiquer "le vieux jeu royal", comme on l’écrivait à l’époque, jusqu’au club actuel, beaucoup d’eau a coulé sur les galets de la Côte d’Albâtre.
D’abord 9 trous, puis 18, et enfin 27, en 1912, le parcours connut son heure de gloire durant la Belle Époque.
Fréquenté par la bonne société parisienne, le club dieppois était aussi très apprécié des joueurs anglo-saxons.
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Après le premier conflit mondial, Dieppe renoua avec les bain de mer, le casino, les belles automobiles et le sport.
On y voyait souvent le boxeur Georges Carpentier dont la fille, Jacqueline, inscrivait son nom au palmarès féminin du Championnat Omnium de France.
À peine concurrencée par Deauville, beaucoup plus lointaine, la station balnéaire la plus proche de Paris devait encore vivre quelques belles années d’insouciance jusqu’à ce que l’Europe soit à nouveau à feu et à sang.
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Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, le parcours dieppois, bombardé à plusieurs reprises, n’est que tristesse et désolation.
Il faut dire que le site se prêtait idéalement à l’implantation d’un radar, de batteries d’artillerie et de blockhaus.
Il en subsiste aujourd’hui quelques vestiges comme au trou n° 6, où les départs dames, en surplomb, coiffent un ancien abri en béton.
Au trou n° 17, ce sont des plots de radar, plantés dans l’axe du jeu, qui attirent les yeux des golfeurs.
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Des greens roulants et bien protégés
© Sophie Lloyd |
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L'ancien club-house © Sophie Lloyd
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Malmené par l’histoire, reconstruit, remanié à plusieurs reprises, le Golf Club de Dieppe a fêté il y a peu son premier centenaire.
Les belles limousines ont disparu, le magnifique club-house anglo-normand a laissé place depuis longtemps à une structure plus modeste, aménagée dans l’ancienne maison des caddies.
Mais l’esprit demeure.
Contrairement à la plupart des golfs français, le Golf de Dieppe est toujours une structure associative, dirigée par des membres bénévoles.
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Fréquenté par des joueurs de la région, qui aiment s’y retrouver entre amis, il accueille aussi de nombreux touristes de passage dont, bien sûr, de nombreux Anglais.
Rien de plus normal. Depuis ses origines, il reste le plus anglais des golfs français.
Il est aussi, avec son petit frère Étretat, le seul parcours construit sur la falaise.
Un lieu magique, chargé d’histoire, où, sans oublier sa carte de score, on peut à loisir admirer l’immensité bleu-vert qui s’étend à perte de vue.
Isabelle Cernetic
Cette cloche sur le trou n°6 servait à prévenir les joueurs du n°5, un trou à l'aveugle
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© Sophie Lloyd |
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