 | 60ème anniversaire du Débarquement de Normandie |  |
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Les plages du Débarquement il y a 60 ans…
Depuis ce matin de juin 1944, rien n’est plus comme avant sur les côtes normandes…
Sur cette exquise terre, le long de cette si paisible côte de Nacre eut lieu, il y a 60 ans, pendant la Deuxième Guerre mondiale, la plus gigantesque opération militaire des temps modernes : le Débarquement allié. Vestiges militaires, cimetières et monuments peuplent aujourd’hui les côtes du Calvados et de la Manche, marquées à jamais par les journées de juin 1944.
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Comme dans les contes fantastiques, tout commence par une nuit de pleine lune - celle du 5/6 juin 1944.
Sous le nom d’"Overlord", une extraordinaire et gigantesque opération mobilise 3 millions d'hommes dans le plus grand secret.
Avec eux, des milliers de bateaux, de planeurs, et deux ports artificiels sont transportés à travers la Manche, pour aboutir sur cinq "plages".
Leurs noms de code sont restés célèbres : Utah, Omaha (Américains), Gold (Britanniques), Juno (Canadiens) et Sword (Anglais et Français). Hasard de l’Histoire, c'est sur cette même côte, dans un temps plus ancien, que s'opéra le rassemblement des navires de Guillaume le Conquérant en partance pour l'Angleterre...
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L'air est vivifiant, les mouettes crient à Arromanches-les-Bains.
Les rouleaux d'une mer turquoise se brisent et livrent leur écume sur la plage de sable qui s'allonge à l'infini.
La journée est d'une douceur divine. Mais dès le centre du village, c'est le choc. |
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De nombreux vestiges - pontons à quelques mètres du rivage, pièces d'artillerie et péniche de débarquement - font soudain de ce site banalement balnéaire un lieu différent, où règne une intense émotion.
Petit mais très bien fait, un musée, premier de tous ceux consacrés à la Seconde Guerre mondiale, y est aménagé les pieds dans l'eau.
Avec son diaporama animé, il éclaire pour le visiteur l'aventure incroyable d’Arromanches.
L'espace d'une nuit, ce village côtier devint le port le plus important d'Europe, destiné uniquement au Débarquement et au ravitaillement des Alliés.
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À Bénouville, près du Pégasus-Bridge, pont d'une extrême importance stratégique à l'époque, se trouve la première maison libérée de France en 1944.
C'est le minuscule café Gondrée, aux murs couverts de parachutes et de photos dédicacées par des célébrités du monde entier.
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Arlette Gondrée, la propriétaire, se souvient encore de l'arrivée des cinq planeurs de la 6e Division aéroportée britannique, dans le champ, là, juste à côté...
Elle était bien petite, mais garde ancrée dans sa mémoire ce moment inoubliable.
Plus tard, le pont de la petite ville sera officiellement rebaptisé du nom de Pégase, cheval ailé emblème de la division.
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Les cimetières militaires sont également passionnants.
Chacun possède son style qui en dit long sur l'esprit des nations.
Égalité et uniformité dans l'immense mémorial américain de Colleville où 9 841 croix et étoiles de David en marbre blanc de Carrare sont plantées sur une pelouse parfaitement soignée, au milieu d'arbres sélectionnés.
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Rosiers et charmilles chez les Britanniques qui honorent ainsi leurs jeunes morts, dispersés ici ou là.
Quant aux Allemands, ils ont choisi, pour leurs soldats presque tous regroupés à La Cambe, entre Bayeux et Isigny, des croix en quinconce et une majestueuse statuaire couvrant un tumulus de tombes collectives.
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Les grands sites ont tous un intérêt différent.
Sur la fameuse pointe du Hoc, autrefois champ de bataille, une simple aiguille de granit commémore l'héroïque conquête de la falaise par les rangers américains.
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| À Sainte-Marie-du-Mont, une casemate en béton de défense allemande, typique d'architecture militaire, est restée installée comme à l'époque, sur des dunes intactes.
Quant au musée de la bataille de Normandie, à Bayeux, il permet de situer chronologiquement toutes les phases de la campagne de Normandie.
Cet espace très complet fascine les amateurs de matériels, d'uniformes et d'armes militaires.
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La ville de Caen a été au centre de la terrible bataille de Normandie.
Elle ne l'a pas oublié.
Créé pour que ne se produise "plus jamais ça", le Mémorial de la Paix, majestueux, impressionnant de l'extérieur et vaste de l'intérieur, est à la pointe de la muséographie contemporaine.
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Le bâtiment sur lequel claquent les drapeaux de toutes les nations qui ont participé à la guerre s'élève sur une esplanade gazonnée.
Blanc, lumineux, dépouillé, ce lieu de mémoire collective a été inauguré en 1988.
Sa conception invite le visiteur à un voyage dans l'Histoire.
On y entre par une fracture, une brèche dans la pierre.
Au-dessus s’y trouve inscrite cette phrase : "La Douleur m'a brisée, la Fraternité m'a relevée. De ma blessure a jailli un fleuve de Liberté." Affiches, diaporamas, montages de documents et extraits de films montrés sur écran géant font de la visite un spectacle.
Celui-ci s'achève par une réflexion sur le temps présent et la fragilité des démocraties.
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Ce périple austère, mélancolique, parfois même bouleversant, offre aussi des escapades dans le bocage.
On ne saurait d’ailleurs s’en passer.
Une promenade dans la campagne normande est sans doute le meilleur remède au trop-plein d’émotion.
Celle qui vous étreint devant ces milliers de sépultures, modeste hommage à tous ceux qui, parfois, n’eurent pas même le temps de poser le pied sur le sable.
Des vaches paissent, indifférentes aux drames de l’Histoire.
Et l’on se laisse porter par la brise marine, par l’odeur du foin coupé et des pommiers en fleurs.
Mieux qu’une autre, la Normandie sait ce que signifie l’art de vivre.
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