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Les harengs à la fête |
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Si le hasard vous mène à Dieppe le week-end qui suit le 11 novembre, vous risquez d’être surpris par les odeurs de poissons qui embaument la ville.
Sur le port et dans les rues du centre, des barbecues ont envahi les trottoirs.
En bras de chemise malgré le froid, des cuisiniers improvisés alimentent les feux qui ne s’éteindront que tard dans la nuit.
Deux jours durant, on y jette des tonnes de harengs et de brochettes de noix de Saint-Jacques.
Ils sont servis sur de modestes assiettes en carton, souvent accompagnés d’une pomme de terre au four ou d’une barquette de frites.
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Entre les barbecues, d’autres commerces ont pris place à ciel ouvert.
Sans craindre les odeurs qui imprègnent les vêtements, les camelots exposent pulls marins et anoraks en duvet. Les forains ont investi le port de leurs manèges.
Pendant que les adultes dégustent un poisson grillé, les enfants se délectent d’une barbe à papa ou de chouchous, dans un vacarme de musique.
Un peu en retrait du port, brocanteurs professionnels ou amateurs exposent leurs trésors à même le sol des ruelles.
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C’est un joyeux et curieux mélange de bruits et de parfums.
Un mélange de populations aussi, qui réunit Dieppois et touristes de tous âges et de tous horizons, dont bon nombre venus de Belgique et d’Angleterre.
80 000 personnes, soit plus de deux fois la population de la ville, défilent ainsi à Dieppe durant la Foire au hareng et à la coquille Saint-Jacques.
C’est dire sa réputation !
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La foire a aujourd’hui trente-trois ans.
Elle est inaugurée le samedi matin par les élus.
Le maire coupe le traditionnel ruban bleu blanc rouge et annonce l’ouverture officielle de la Foire, en présence des membres de la Confrérie du hareng et de la coquille Saint-Jacques, vêtus de leur robe grenat.
Puis le cortège de personnalités s’avance et progresse entre les stands jusqu’au bout du quai.
La foule est si dense qu’il faut parfois l’aide de la police pour dégager le passage.
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Malgré les apparences, rien de très cérémonieux.
C’est d’abord une fête conviviale. Une occasion, pour les Dieppois, de se retrouver et de renouer avec leurs traditions de pêche.
Après une ou deux journées à musarder dans la ville, à manger et à boire, chacun rentre chez soi, des sacs pleins de harengs frais tout juste débarqués des bateaux.
Et la fête continue à la maison, autour de la cheminée où déjà l’on prépare les braises.
Du hareng, encore du hareng !
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